Pourquoi l'Argentine

Eh oui, au fait, pourquoi ?
© Denise Anne Clavilier

L'Argentine est un pays comme les autres.
Débarrassez-la des clichés, des préjugés et autres idées préconçues qui en font une contrée de pacotille, outrageusement exotique, et elle devient un pays passionnant.

Malgré les coups d'Etat et les crises économiques auxquels nous la réduisons trop facilement, son histoire mouvementée recèle des épisodes magnifiques, des épopées enthousiastes et de grandes aventures humaines comme tous les pays du monde.
Deux cents ans après son indépendance, cette jeune nation se cherche. Elle est en train d'élaborer une culture originale comme on mitonne avec amour un ragoût de fête dans une marmite géante trônant sur la place du village.
L'Argentine est peuplée de gens dynamiques et inventifs qui traversent les difficultés du pays en gardant la tête haute...

Avec dr de marco fabiana y pina
Le 25 août 2015 à Buenos Aires
de droite à gauche
le Dr Miguel Angel De Marco,
de l'Académie nationale d'histoire et de l'Instituto Nacional Sanmartiniano,
Fabiana Mastrangelo, Denise Anne Clavilier
et Pina Poggi, présidente de l'Association culturelle sanmartinienne
de la ville de San Martín (Province de Buenos Aires)

Quatre siècles après la fondation de Buenos Aires qui apporta l'écriture sur ces terres dans les bagages de Juan Díaz de Solis (1516), Pedro de Mendoza (1536) et Juan de Garay (1580) et en un peu moins de deux cents ans, l'Argentine est le seul pays d'Amérique latine à avoir donné au monde dix mythes de portée universelle :

Trois figures politiques

Ernesto Guevara, dit El Che
Juan Domingo Perón
Eva Duarte de Perón, dite Evita

Trois artistes

Carlos Gardel
Jorge Luis Borges
Astor Piazzolla

Trois sportifs

Juan Manuel Fangio
Carlos Monzón
et, seule personnalité vivante sur ces neufs figures, Diego Armando Maradona

Quant au dixième mythe,
c'est le tango lui-même,
qui a franchi toutes les frontières dès les années 1920,
conquérant d'abord Paris, qui lui donna son élan international
puis New York et Tokyo en une grande vogue mondialisée.
Depuis 2009, il est inscrit au Patrimoine de l'Humanité.

Et il nous reste encore une figure qui, sans être tout à fait un mythe,
reste un personnage populaire dans tout l'Occident :
Mafalda, la petite fille insolente et espiègle de San Telmo
créée par le dessinateur Quino


Et comme si cela ne suffisait pas - car l'Argentine est d'une générosité débordante - en voici encore deux autres qu'elle a donnés au Nouveau Monde, sur toutes les terres qui s'étendent du Rio Grande, au nord, à Ushuaia, au sud :

  • le général José de San Martín (1778-1850), héros des guerres d'indépendance à l'égal de Washington et de Bolívar,
  • le président Domingo Faustino Sarmiento (1811-1888), qui travailla avec tant de ferveur au développement de l'éducation en Amérique latine que tous les pays de cet immense continent ont retenu la date de sa mort pour en faire la fête des Instituteurs (día del Maestro), qu'ils célèbrent tous ensemble chaque 11 septembre,
  • et la Misa Criolla, de Ariel Ramírez, la toute première messe composée sur l'ordinaire en espagnol, en 1964, avant même la conclusion du Concile Vatican II, avec le soutien d'évêques locaux, très désireux de voir émerger une expression originale du peuple de Dieu dans ce coin du monde.

C'est aussi à l'Argentine que nous devons trois goûteuses traditions qui, bien que le Cône Bleu n'en ait pas l'exclusivité, représentent l'Amérique du Sud dans le monde entier :

  • Dulce de leche (confiture de lait), spécialité préparée dans presque tous les pays latino-américains mais dont l'Argentine s'est faite l'exportatrice emblématique grâce à une demi-douzaine de marques distribuées dans le monde entier ;
  • Mate (infusion nationale), dont elle partage la production avec l'Uruguay et le Paraguay mais dont elle est l'exportatrice la plus en vue avec sa dizaine de marques au rayonnement international ;
  • Asado, ce barbecue géant du dimanche où la viande est rôtie au-dessus d'un lit de braises composées de charbon de quebracho.

A la France en particulier, l'Argentine a donné quelques artistes de premier plan que, sans elle, il nous aurait fallu inventer nous-mêmes :

  • l'écrivain René Goscinny qui, de 1928 à 1945, a grandi et vécu là-bas
  • les hommes de théâtre Jérôme Savary et Alfredo Arias
  • ou encore le romancier Julio Cortázar qui fait partie du petit monde littéraire français bien qu'il ait écrit en espagnol.

​Et à la France, l'Argentine a aussi pris quelques personnes qui auront marqué profondément son histoire, ses villes ou ses paysages : un vice-roi français, un paysagiste de génie, un fabuliste qui écrivit en espagnol, un historien, un prêtre fondateur de sanctuaire et de pèlerinage (le pèlerinage national de Luján), un chanteur-compositeur dont le nom figure dans la liste des mythes...
Le lecteur est invité à consulter à ce sujet les propositions de conférences sur eux dans la page consacrée à l'histoire de l'Argentine.

Et c'est aussi en Argentine, au plus obscur des heures sombres d'une dictature qui sévissait sur tout le continent, que deux poignées de femmes, toutes entre quarante-cinq et soixante ans, eurent l'audace d'aller défier les putschistes jusque sous les fenêtres du Palais gouvernemental, semaine après semaine, au vu et au su du monde entier, pour réclamer des nouvelles de leurs enfants disparus.
Parmi ces disparus, on comptait plusieurs jeunes femmes enceintes, tant et si bien qu'une partie de celles qui avaient ce courage de défier la Junte sur la Place de Mai réclamaient aussi qu'on leur restituât leurs petits-enfants en bas-âge et nouveaux-nés, fils et filles de ces jeunes parents arrêtés pour leurs opinions - Ce fut le seul mouvement des droits de l'homme initié et conduit par des femmes dans ce continent réputé si machiste :

Madres de Plaza de Mayo - Mères de la Place de Mai
et Abuelas de Plaza de Mayo - Grands-Mères de la Place de Mai

 

Et 13 mars 2013,
c'est encore l'Argentine qui s'est distinguée
avec un premier Pape jésuite
qui fait souffler un vent nouveau dans l'Eglise
et laissera sa trace dans l'histoire.


L'Argentine a donc beaucoup à nous dire
et nous avons beaucoup à apprendre d'elle.

 

En novembre 2015, l'Argentine a choisi un programme politique de droite-centre-droit.
Sur cette alternance délicate, avec ses réussites et ses chausse-trappes,
le visiteur peut se reporter à Barrio de Tango.
Il le peut aussi sur les principaux sujets relatifs
à la consolidation de la démocratie et aux droits de l'Homme.

Date de dernière mise à jour : 25/01/2016