Manuel Belgrano, l’Inventeur de l’Argentine est le septième livre que Denise Anne Clavilier publie en France sur la culture argentine.
Il est paru, aux Éditions du Jasmin, le 27 février 2020, anniversaire du drapeau national argentin, conçu et arboré pour la première fois sur les rives du Paraná, à Rosario, par le général Manuel Belgrano (1770-1820), le 27 février 1812, lorsqu’il fallut distinguer les troupes révolutionnaires de celles qui défendaient le régime colonial, auxquelles les indépendantistes abandonnèrent alors le drapeau espagnol rouge et or
La biographie a été présentée à l'Ambassade d'Argentine, le 27 février 2020, à 19 h.
Sa publication a été saluée en Argentine par l'attribution à l'auteur du Prix Général Manuel Belgrano (Premio General Manuel Belgrano), par un vote à l'unanimité des membres titulaires de l'Instituto Nacional Belgraniano. C'est l'ensemble du travail de l'historienne française pour faire connaître l'œuvre et les valeurs de Belgrano qui a été ainsi récompensé quelques jours avant le confinement en Argentine (20 mars 2020).

Belgrano tapa definitive

Cette biographie est la première écrite et publiée dans une langue autre que l’espagnol. Elle est le résultat d’un très long travail de recherche à partir des sources retranscrites dans une multitude de corpus, aujourd’hui numérisés et disponibles en ligne. La première de ces collections documentaires a été publiée en Argentine dans les années 1910 pour le centenaire de la Révolution de Mai : ce sont les sept tomes de Archivo del General Belgrano, du Museo Mitre, reprenant la collection personnelle de Bartolomé Mitre (1821-1906), considéré comme le premier historien argentin. L’autre, qui promet d’être complète, correspond au travail entrepris depuis 1982 par l’Instituto Nacional Belgraniano (INB), à Buenos Aires.
L’INB entend publier l’intégralité des sources relatives à ce père fondateur de la République argentine sous le titre de Documentos para la historia del General Manuel Belgrano
. A cette heure, seuls huit volumes ont vu le jour, tous les huit disponibles en format pdf sur le site Internet de l’institution.

Souscription commentaires inb fb 23 02 2020

A partir de ces deux corpus et de quelques autres, repris dans la bibliographie en fin de volume, Denise Anne Clavilier a reconstitué la vie mouvementée de celui qui fut d’abord un étudiant en droit à Salamanque et à Valladolid, en Espagne, pendant que se déchaînait la Révolution française de l’autre côté des Pyrénées, un économiste dont toutes les innovations étaient entravées par le cynisme de la politique madrilène, un révolutionnaire en rupture avec l’Ancien Régime qu’il avait fidèlement servi de 1794 à 1806, un général qui emporta les deux plus brillantes victoires indépendantistes sur le sol argentin, Tucumán le 24 septembre 1812 et Salta le 20 février 1813, et un diplomate dont la mission ne put aboutir : il a débarqué à Falmouth au milieu des Cent Jours, pendant que les gouvernements européens avaient des soucis plus urgents que les demandes de soutien à la future déclaration d’indépendance des Provinces Unies du Sud… Toute cette épopée indépendantiste, Belgrano l’a conduite avec une santé très fragile : il avait contracté la malaria en 1814, qui entraîna sans doute une cirrhose du foie, laquelle dégénéra en cancer qui, doublé d’une pleurésie jamais soignée, entraîna son décès prématuré le 20 juin 1820, dans la maison de Buenos Aires qui l’avait vu naître le 3 juin 1770.

L’année 2020 a été déclarée Año del General Manuel Belgrano dans toute la République argentine.

Couv complete belgrano

Cette première biographie en français est une modeste contribution à l’hommage mérité à un homme qui aura tout donné à sa patrie : son temps, son intelligence, sa culture, tous ses biens et jusqu’à sa vie.

Sa parution a été précédée d’une souscription au prix de 20 € (au lieu de 24,90, prix éditeur, en librairie, à partir du 27 février 2020).

Manuel Belgrano,
L’Inventeur de l’Argentine

Éditions du Jasmin
330 pages (env.), format 16x24 cm
illustrations en noir et blanc à partir de documents historiques
en couverture : portrait de Manuel Belgrano à Londres en 1815,
par Casimir Carbonnier (Beauvais, 1787 – Paris, 1873),
un peintre formé par David et par Ingres
puis remarqué par la reine Caroline, sœur de l’empereur et reine de Naples.
Télécharger le bon de souscriptionTélécharger le bon de souscription

Ci-dessous, la conférence de présentation à l'Ambassade le 27 février 2020

Denise Anne Clavilier est française et se passionne depuis dix ans pour la culture populaire de l’Argentine. Elle est académicienne correspondante en France de l’Academia Nacional del Tango et de l’Instituto Nacional Sanmartiniano de la República Argentine. Elle est aussi membre du Souvenir Napoléonien et du CECUPE (Centre culturel du Pérou à Paris). Elle a déjà publié six ouvrages sur des thèmes divers (tango, folklore, histoire) et anime depuis 2008 un blog sur l'actualité culturelle en Argentine, www.barrio-de-tango.blogspot.com.
Avant la sortie de ce nouveau livre le 27 février, l’auteure sera présente au salon du livre de Bussy Saint-Georges (77) et donnera une conférence le 7 février à la mairie du 9
e arrondissement de Paris (voir Agenda).

Belgrano Table des matieres

Première critique de l'ouvrage par Norma Ledesma, historienne de l'INB, à lire sur le blog Barrio de Tango (mai 2020).
Présentation du livre en français à Paris, à l'ambassade argentine, le 27 février 2020
Présentation du livre en espagnol en Argentine, le 30 août 2020, par Zoom, dans la série Veladas para la Historia, proposée par l'Instituto Nacional Belgraniano.
A la page suivante, quelques repères chronologiques sur la vie de Belgrano

Quelques repères chronologiques

Dimanche 3 juin 1770 : naissance de Manuel Belgrano dans le centre historique de Buenos Aires, à quelques pas de l’actuelle basilique du Rosaire, qui est toujours l’église du couvent des dominicains et la maison provinciale de l’ordre en Argentine.

Études primaires à Buenos Aires (on suppose qu’il allait à l’école des dominicains à deux pas de la maison, aujourd’hui disparue).

5 mars 1783 : début des études secondaires au colegio San Carlos, là où se trouve aujourd’hui le Colegio Nacional de Buenos Aires (CNBA), établissement dépendant de l’Université de Buenos Aires (UBA), qui a pris la suite du collège colonial.

Septembre 1786 : départ pour l’Espagne où Manuel Belgrano doit faire des études en vue de prendre la succession de son père, un marchand colonial très puissant.

Novembre 1786 : Manuel Belgrano est admis, non sans difficulté, à l’université de Salamanque où il veut suivre une formation en droit et où il va découvrir une discipline toute nouvelle, l’économie.

Juin 1790 : Manuel Belgrano reçoit du pape l’autorisation de lire les ouvrages interdits. Malgré l’aggravation de la censure décrétée avant Noël pour préserver la Péninsule d’une contagion révolutionnaire venue du nord, il peut continuer à se former par la lecture des philosophes des Lumières qu’il lit dans le texte, en français, en anglais et en italien.

6 février 1793 : à Valladolid, l’ancienne capitale de la Castille, où siègent encore les deux plus grandes cours espagnoles, l’une de droit laïc et l’autre de droit canon (la très redoutée Inquisition), Belgrano prête serment comme avocat laïc inscrit au barreau de Madrid. A Buenos Aires, sa famille est ruinée par des mesures prises à tort contre son père dont toutes les activités commerciales sont sous embargo.

Décembre 1793 : après plusieurs candidatures à divers postes de l’administration publique, Manuel Belgrano reçoit une mission à Buenos Aires, celle de secrétaire royal du Consulat (une institution qui cumule les fonctions de corporations des marchands et de tribunal du commerce).

Sceau du real consulado

Mars 1794 : Belgrano est de retour dans sa ville natale et va participer à la fondation du Consulat (sceau ci-dessus). Pendant 14 ans, il lance successivement plusieurs initiatives pour le développement économique du vice-royaume du Río de la Plata qui recouvre l’Argentine, l’Uruguay, le Paraguay et la Bolivie. Certaines auront une vie suffisante pour que les Portègnes constatent qu’elles étaient efficaces mais aucune ne sera épargnée par la censure royale et la myopie du gouvernement de l’empire colonial.

Octobre 1805 : après Trafalgar, l’Amérique espagnole est à peu près coupée de sa métropole. Pendant que l’économie commerciale périclite, l’esprit indépendantiste s’empare d’une poignée d’audacieux comme Belgrano.

Juin 1806-juillet 1807 : à deux reprises, les Britanniques tentent un coup de main sur le Río de la Plata. A chaque fois, sous la conduite d’un officier français au service du roi d’Espagne depuis de nombreuses années, Jacques de Liniers (ou Santiago de Liniers, de son nom hispanisé) et en l’absence presque totale de troupes professionnelles, les habitants de la ville et de la région boutent l’envahisseur hors du vice-royaume. Belgrano figure parmi les héros de ces deux épisodes, au point que lorsque le conseil municipal décide de donner son nom à l’une des rues dans le nouveau plan de la ville, redéfini pour rendre hommage aux principaux combattants patriotes.

Mars 1808 : la France envahit l’Espagne, Napoléon fait prisonnière la famille royale espagnole et l’exile en France pendant qu’il place son frère aîné, Joseph, sur le trône d’Espagne. Une partie de l’Espagne décide de se battre pour l’indépendance de la patrie et oublie ses différences idéologiques au sein d’un comité soucieux de moderniser le pays, la Junta de Sevilla. A Buenos Aires et dans d’autres villes de l’Empire, on prête serment à ce comité. Aucune parcelle de l’empire colonial n’accepte l’autorité de Joseph Bonaparte.

18 mai 1810 : début de la Semaine de Mai. Elle se clôture le 25 par l’abolition de la vice-royauté et la création d’un collège gouvernemental, la Junta de Mayo, un comité de neuf membres dont Manuel Belgrano et l’un de ses cousins, Juan José Castelli.

Décembre 1810- novembre 1811 : Campagne du Paraguay.
Le colonel Manuel Belgrano monte vers le nord pour lutter contre un gouverneur espagnol dont on croit qu’il mène la contre-révolution et encourage un mouvement irrédentiste à Asunción. La campagne débouche sur une mission diplomatique qui, conduite par Belgrano, conclut la paix entre Buenos Aires et Asunción et équivaut à une reconnaissance de l’indépendance du Paraguay.

Décembre 1811 : le régiment dont Belgrano vient d’être nommé commandant se mutine et Belgrano est chargé de le remettre sur le pied de guerre.

Creation du drapeau argentin 27 02 1812

Janvier 1812-janvier 1814 : campagne dite du Pérou.
Le 27 février, à Rosario, Belgrano crée le futur drapeau argentin pour qu’il flotte au dessus de la batterie de l’Indépendance qu’il a installée sur une île du Paraná (ci-dessus, la note manuscrite de Belgrano annonçant à Buenos Aires l'installation de la batterie sous les couleurs nationales).
En continuant sa route vers les Andes, Belgrano sanctuarise le territoire de ce qui est maintenant l’Argentine grâce à une stratégie audacieuse qui va de l’évacuation de Jujuy (Exodo jujeño) à la reprise de Salta (20 février 1813) en passant par la spectaculaire victoire de Tucumán (24 septembre 1812). Dans la suite de cette campagne, il tente, en vain, de reprendre définitivement le Haut-Pérou, future Bolivie, aux forces absolutistes que seules des groupes de partisans parviennent à perturber en les harcelant.

Janvier-mars 1814 : collaboration entre Manuel Belgrano et José de San Martín, l’autre grand héros national argentin (cf. San Martín à rebours des conquistadors et San Martín par lui-même et par ses contemporains). Cette coopération s’interrompt lorsque Belgrano, atteint de paludisme, est rappelé à Buenos Aires.

Décembre 1814-février 1816 : mission diplomatique à Londres où Belgrano débarque au milieu des Cent-Jours.

1816 : l’année de l’Indépendance.
Le 6 juillet, Belgrano propose une solution monarchie parlementaire incaïque aux constituants réunis à Tucumán où, le 9 juillet, ils votent la déclaration d’indépendance à laquelle une partie de la Bolivie se joint dès qu’elle en a la possibilité politique.

1816-1819 : seconde campagne du Pérou dirigée par Belgrano depuis Tucumán où il est réduit à préserver le territoire déjà sanctuarisé lors de sa campagne précédente. Les meilleurs éléments de l’armée argentine ont rejoint l’Armée des Andes, constituée par San Martín pour libérer le Chili puis le Pérou (1817-1822).

10 septembre 1819 : sa santé sensiblement dégradée, Belgrano doit renoncer à son commandement.

Février 1820 : vaincu par la maladie, comprenant sans doute qu’il est condamné, Belgrano décide de regagner Buenos Aires, laissant derrière lui une petite fille naturelle qu’il semble avoir connue, Manuela Mónica, qu’il reconnaît dans un document resté secret pour ne pas compromettre la mère et sa famille.

Avril 1820 : Belgrano se repose quelque temps dans la propriété rurale de sa famille à San Isidro.

25 mai 1820 : Belgrano est de retour à Buenos Aires. Il rédige son testament.

20 juin 1820 : Belgrano meurt juste avant l'aube dans la maison qui l’avait vu naître, un demi-siècle plus tôt. Il est enterré le lendemain au seuil de l’église des dominicains.

20 juin 1803 : en grandes pompes, ses restes sont placés dans une niche, derrière la plaque représentant la bataille de Tucumán, dans l’immense mausolée qui se dresse sur le parvis de la désormais basilique du Rosaire (ci-dessous, au moment où un détachement du régiment de patricios s'apprête à rendre les honneurs).

Mausolee 2016

A suivre : quelques personnages d'intellectuels qui ont croisé la route de Manuel Belgrano (cliquez sur la flèche ci-dessous)

Quelques grands intellectuels de l'époque

Manuel Belgrano (1770-1820) est le premier intellectuel des Lumières qu’a connu ce qui devait devenir l’Argentine.
Sous l’Ancien Régime, ces Latino-Américains se comptent sur les doigts d’une seule main. Mis à part un petit nombre de jésuites, expulsés en 1767 avec toute la Compagnie de Jésus, on ne peut ranger dans cette catégorie que deux hommes :

  • Francisco de Miranda (1750-1816), un Vénézuélien qui s’est installé en Europe en 1770 et qui a élaboré, depuis le Vieux Continent, toute une pensée indépendantiste, en espérant libérer du joug colonial l’ensemble de l’empire hispano-américain,
  • et Manuel Belgrano, jeune Portègne formé à l’université de Salamanque dans les années précédant immédiatement la Révolution française et revenu à Buenos Aires au début de 1794 pour y exercer la fonction de secrétaire du Consulat de commerce d’où il développa une pensée économique très cohérente visant un développement local, dont les autorités espagnoles, sous Carlos IV, en voulaient en aucune façon, tout en tenant le discours inverse.

Dans son enfance, Manuel Belgrano rencontre des maîtres qui ont structuré sa culture générale et l’ont armé pour suivre des études universitaires dans les très vieilles universités espagnoles de Salamanque et de Valladolid. Assez vite, son intérêt l’a poussé vers une discipline très récente, importée en Espagne par le roi lui-même, Carlos III, qui la tenait de son règne antérieur à Naples : l’économie, inventée par l’abbé Antonio Genovesi (1712-1769)1. Cette nouvelle discipline, Manuel Belgrano la découvre grâce au travail assidu d’un de ses professeurs de droit à Salamanque, don Ramón de Salas y Cortés (1755-1837), qui allait être l’un des penseurs libéraux espagnols fondateurs de l’esprit révolutionnaire qui marqua la Junta de Séville, organe de la résistance patriote à l’occupation française aux ordres de Napoléon (1808-1810).

Francois Quesnay
François Quesnay

Adam Smith (1787)
Adam Smith en 1787

C’est ainsi qu’il a croisé la pensée d’un penseur français qu’il lit dans le texte : François Quesnay (1694-1774), médecin personnel de la marquise de Pompadour et conseiller personnel de Louis XV, inventeur d’une théorie économique aujourd’hui dépassée, la physiocratie, qui met l’agriculture au-dessus de toutes les autres activités humaines, en particulier au-dessus du commerce, et conteste le bien-fondé de l’intervention de l’État dans l’économie. Belgrano sera le premier traducteur de Quesnay en espagnol et l’introducteur de la physiocratie en Amérique. Peu à peu, en bâtissant ses propres théories pour tenir compte de la réalité de son pays colonisé, Manuel Belgrano métissa la physiocratie de Quesnay avec le libéralisme de l’Écossais Adam Smith (1723-1790). Il faut imaginer notre jeune homme jonglant entre le latin officiel des universités espagnoles, l’italien de Genovesi, l’anglais de Smith et le français de Quesnay.

Montesquieu (Château de Versailles)
Montesquieu en 1728
(Collection du Château de Versailles)

En 1790, Belgrano avait obtenu du pape le droit de lire les livres mis à l’index. Aussitôt, il se plonge dans la lecture d’une imposante somme publiée en français à Genève : De l’Esprit des Lois, du baron de Montesquieu (1689-1755), un ouvrage interdit aux lecteurs catholiques depuis 1751. Ce qui n’empêche pas Belgrano d’admirer l’auteur.

Mamá Antula
Sor María Antonio de San José

De retour à Buenos Aires en 1794, Belgrano devait encore fréquenter deux personnalités hors-normes : une grande spirituelle catholique, Sor María Antonia de San José, plus connue sous son surnom de Mamá Antula (1730-1799), aujourd’hui béatifiée pour son travail inlassable afin de relancer la pratique des exercices de saint Ignace de Loyola après l'expulsion des jésuites, et un officier supérieur doublé d’un naturaliste, Félix de Azara (1742-1821), le Buffon espagnol, auteur d’une pré-théorie de l’évolution bien avant Darwin.

Felix de Azara - Goya 1805, Museo Goya Fundacion Ibercaja
Félix de Azara en 1805
Francisco de Goya (Fondation Ibecaja, Sarragosse)

 

1 En France, il fallut attendre le Second Empire pour que l’économie entre à la Sorbonne comme discipline auxiliaire du droit.

Quelques grandes figures politiques dans l'histoire de Belgrano à la page suivante (en cliquant sur la flèche)

Les grands personnages politiques autour de Belgrano

Dès son séjour en Espagne, où il était parti faire ses études en 1786 et où il resta jusqu’en janvier 1794, Manuel Belgrano a fréquenté de nombreux personnages politiques avant de travailler avec d’autres à l’indépendance de l’Argentine.

Conde de Floridablanca (Francisco Goya, 1783, Fundacion Goya en Aragón)
Le comte de Floridablanca, par Francisco de Goya en 1783
Premier ministre de Carlos III puis de Carlos IV

(Fundación Goya en Aragón)

Diego Maria de Gardoqui
Diego María de Gardoqui, pendant son séjour aux Etats-Unis
futur ministre des Indes Occidentales
qui nomma Belgrano à la tête du Consulat de commerce de Buenos Aires en décembre 1793

Parmi les plus importants en Espagne, on compte un inquisiteur qui deviendra cardinal en 1816, un ancien ambassadeur espagnol aux États-Unis, le tout premier, devenu ministre des colonies, un nonce apostolique qui passera à Paris où il assistera au mariage de Napoléon avec l’archiduchesse Marie-Louise et reposera pendant cinquante ans au Panthéon, un Premier ministre de Carlos III conservé quelque temps par son successeur et d’autres figures qui comptèrent dans son parcours mais dont nous n’avons pas d’effigie, comme cet ambassadeur du Portugal auquel il dédicaça en 1794 sa première traduction connue d’un auteur français, les Maximes de François Quesnay, créateur de la théorie économique des physiocrates.

Hippolytus Vincenti Mareri (1794)
Ippolito Vincenti, nonce apostolique en Espagne,
qui protégea le jeune Manuel Belgrano

Francisco cardenal Gardoqui (Jose de Medrazo 1816, MBA Bilbao)
Francisco de Gardoqui, frère du ministre,
par José de Medrazo à Rome en 1816
après son élévation à la pourpe cardinalice
(Museo de Bellas Artes de Bilbao)

A Buenos Aires, il participa à lutter contre la double tentative d’invasion britannique en 1806 et 1807. Il se mit alors sous les ordres d’un autre Français, Jacques de Liniers (1753-1810), qu’on appelle là-bas Santiago de Liniers, héros de la résistance portègne contre les Invasions Anglaises et avant-dernier vice-roi, le premier et le seul porté à ce poste par la volonté du peuple et non par le choix du roi.

Santiago de Liniers (Cabildo de Buenos Aires)
Santiago de Liniers, vice-roi du Río de la Plata
anonyme, sans doute de son vivant
(Museo Nacional del Cabildo de Buenos Aires)

Puis ce fut la Révolution. Apparaissent alors de nombreux héros politiques et militaires, dont les plus éminents sont Cornelio de Saavedra, président de la Primera Junta à partir de mai 1810, Juan Martín de Pueyrredón, général argentin et premier chef d’État élu à la tête de ce qui allait être l’Argentine, Ignacio Alvarez Thomas, neveu par alliance de Belgrano et chef d’État par intérim lorsque ce dernier réalisait sa mission diplomatique à Londres (1815) et bien entendu le général José de San Martín avec lequel Belgrano entretint une amitié profonde, très humaine et étonnamment moderne.

Cornelio de Saavedra (Cabildo de Buenos Aires)
Cornelio de Saavedra
anonyme, sans doute de son vivant
(Museo Nacional del Cabildo de Buenos Aires)

José de San Martín (MHN)
José de San Martín
(Museo Histórico Nacional)

Juan Martin de Pueyrredon (Prilidiano Pueyrredon circa 1849)
Juan Martín de Pueyrredón vers 1849,
à la fin de sa vie,
par son fils, le grand peintre argentin
Prilidiano Pueyrredón

Ignacio Alvarez Thomas (circa 1850)
Ignacio Alvarez Thomas vers 1850
(l'un des premiers daguéréotype en Argentine)

A la page suivante, une sélection de bonnes pages

Belgrano p 207

Belgrano p 211

Belgrano p 219

Belgrano p 227

Belgrano p 241

Belgrano p 254

Belgrano p 297

Manuel belgrano 4e de couv

Date de dernière mise à jour : 16/09/2020